Si vous me suivez sur Twitter (comment ça, tu ne me suis pas encore ? Va réparer ça et vite !), vous avez certainement vu passer quelques messages sympathiques à propos de ma mère. Enfin sympathiques, des messages exaspérés plutôt.

 Comment vous la décrire ? Ma mère est celle qui ne dit jamais je t’aime (et je pense qu’elle s’en fout),  qui ne te prend pas dans ses bras, t’emmène chaque jour en retard à l’école (et démerde toi pour trouver une excuse), qui vient te chercher bien après la fin de la garderie (dixit la gardienne « Ta mère ne viendra jamais te chercher » connasse), qui ne t’aide pas pour tes devoirs mais qui t’engueule quand tu ramènes de sales notes, qui fait passer ses histoires de cul avant ta fratrie, qui préfère ses fils à ses filles, qui te ment sur ta naissance, qui te dit « enlèves tes lunettes, que je t’en fiches une », qui se fait passer pour une sainte auprès de ses amies, qui te répète « mais les enfants des autres sont mieux », qui nous dit chaque soir en rentrant « vous êtes vraiment chiés de pas avoir fait ceci ou cela », qui exige qu’on lui soit redevable de nous avoir mis dans telle école, qui te dit en pleurant qu’elle est triste que son jules parte alors que c’était un sale connard de première avec nous tous, qui t’engueules quand tu changes d’études, qui te dit qu’elle n’a pas envoyé ton arrêt maladie à ton boulot pour que tu y retournes plus vite (cherchez pas), qui, lors de tes essayages de robe de mariée, ne te dit rien mais complimente une autre nana, qui se permet de faire des réflexions à ma soeur à la maternité, qui ne dit rien quand tu lui annonces ta grossesse …

Je pourrais continuer très longtemps comme ça. Je lui en veux, à un point que je me demande chaque jour pourquoi je n’ai toujours pas coupé les ponts. Chaque fois que je vois son nom s’afficher quelque part, la boule au ventre revient, une nausée, et une envie d’hurler et de pleurer en même temps. Je me dis qu’à presque 30 ans, il serait temps, enfin, que je saute le pas, que je lui dise une bonne fois pour toutes que c’est fini, que j’en ai marre de souffrir quand elle ressasse ce passé qu’on tente d’oublier. Que je ne veux pas qu’elle garde Amandine, ni qu’elle lui raconte sa vie ou autres conneries. J’aimerais réussir à faire le deuil que l’on aura jamais une relation saine, entre elle et mes frères et soeur. Quand j’en parle à Mon Mari, il me dit « mais c’est ta mère, faut faire avec ! ». Je n’arrive pas à adhérer à cette façon de penser. Quelqu’un t’a fait souffrir, et tu dois laisser couler juste à cause des liens du sang ? Merde quoi !

Mais vous savez le pire ? C’est qu’elle dit ne se souvenir de rien.

Enceinte, je me demandais comment j’allais gérer la relation avec ma fille. Maintenant, je suis sûre que je suis une bien meilleure mère qu’elle, qu’Amandine est aimée et choyée comme il se doit, et que jamais, je ne lui ferais vivre ça.