3615 my life

Mon unique

Quand j’étais plus jeune, je voulais 2 enfants. Une fille et un garçon. J’ai deux frères et une sœur, nous sommes très soudés, il ne pouvait donc pas en être autrement, dans ma tête, j’aurais plusieurs enfants. Puis, j’ai rencontré Le Mari. Très vite, on a parlé bébé, sauf que lui n’en voulait qu’un (ou limite pas du tout). Bon bah, on verra. 5 ans après, on se lance enfin, et les petits traits bleus (ou rose, comme tu veux) ne se sont pas fait attendre très longtemps.

J’ai eu une grossesse de rêve (même si je ne pouvais plus manger de sushis, ni m’enquiller du saucisson tranquillou). Pas de nausées et autres joyeusetés de femme enceinte. J’ai adoré cette période, et je regarde encore les femmes enceintes avec une certaine nostalgie. Puis, notre Little A. d’amour est arrivée. Un accouchement aussi sans histoire, hormis l’atelier couture qui a suivi. Les premières semaines – les 3 premiers mois à vrai dire – notre Little A. pleurait beaucoup, sans pour autant avoir de soucis particuliers. Et plus elle pleurait, plus je pleurais aussi. J’étais à bout de nerfs toute la journée, jamais vraiment reposée. C’était une boucle sans fin au final. Tu rajoutes à ça que j’étais assez isolée, et c’était la cata. Je ne me reconnaissais plus, je pensais à des choses que je n’avouerais jamais (pas jusqu’à faire partie des faits divers hein). J’ai demandé de l’aide à des professionnels de santé, qui m’ont répondu « oh, bah vous nous faites une petite dépression post-partum, c’est courant ! » et basta, rentre chez toi.

Et puis, je ne sais pas trop comment, mais cette période bien pourrie est passée. Nous avons réussi à nous trouver toutes les deux peut-être, à trouver notre équilibre. Ce fût interminable, et encore aujourd’hui, il m’arrive de manquer de patience (puis je m’énerve après contre moi-même de m’être trop vite emportée, encore une histoire de boucle quoi…). Et pourtant, ce n’était que 3 mois, pas grand chose dans une vie, mais trop pour moi. Mon mari et ma fille ont trop pâti de mon état à ce moment-là, c’est une page qui est derrière nous et que je veux tourner définitivement.

Je révise donc ma copie, et me dit que finalement, notre Little A. sera notre unique enfant. Je m’en veux encore tellement de ne pas avoir su être à la hauteur. Alors vous pouvez me dire « oui, mais maintenant que tu sais ce que c’est, ça se passera mieux !« . Peut-être, mais si je sombre à nouveau ? Ce n’est pas un défi que j’ai envie de relever, ni même que je peux relever. De plus, j’aurai trop l’impression de faire un 2ème pour tenter de réparer mes erreurs, ce qui est une très mauvaise raison.

Alors, je t’admire, toi maman multipare (ma soeur en première avec 3 bébés en 4 ans), je t’envie aussi un peu, je ne le cache pas. Mais voilà, les bébés, c’est fini pour moi.

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    Emma June

    3 juillet 2015

    Comme toi, nous sommes une famille avec un unique. Par contre, nous étions tous les 2 d’accord sur ce point et la réalité nous le confirme, même sans dépression, nous avons traversé (et encore parfois) des moments difficiles et 1 nous suffit car l’équilibre est là et nous ne voulons pas le remettre en cause.
    Il n »y a pas de famille parfaite et avoir 1 seul enfant est tout aussi bien et respectable que d’en avoir plusieurs, je te souhaite donc de voir le positif dans ton cocon et un avenir heureux à 3.
    Bien à toi.

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      Béné

      3 juillet 2015

      C’est vrai que depuis quelques temps, nous avons aussi trouvé notre équilibre tous les 3, et on se sent bien comme ça 🙂

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    Zou.

    3 juillet 2015

    C’est ton choix, il t’appartient, à toi, à vous…Il n’y a rien de mal à ça, ne culpabilise pas et fais la sourde oreille aux réflexions que tu entendra.
    Et ne te dis pas que tu n’a pas été à la hauteur, c’est faux, un premier enfant c’est forcément un chamboulement, chacune gère ça comme elle le peut, ces fameux 3 premiers mois ils sont difficiles, les plus difficiles peut être…
    Quand ça pleure et qu’on ne comprend pas pourquoi, et que rien de ce qu’on fait n’arrange les choses c’est irritant, stressant, et plein de mots en « -ant », des fois on y peut rien et c’est tout, on doit se faire une raison.
    J’admire ton assurance face à cette décision, qui n’a pas dû être facile à prendre…et peut être un jour qui sait, le temps aidant… 🙂

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      Béné

      3 juillet 2015

      Mine de rien, cette période m’a appris à lâcher du lest sur beaucoup de choses sur lesquelles je voulais trop bien faire. (ça sonne pas trop français non ?)
      Effectivement, décision pas facile, mais au final, je pense que nous sommes bien ainsi (même si, oui, je cogite parfois quand même ^^) 🙂
      Merci beaucoup pour ton commentaire 🙂

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    amotherinthecity

    19 août 2015

    Mmmh… suis passée par là… et ai changé d’avis ! Pour le moment je me remémore ces mauvais moments pour ne pas être prise à nouveau par surprise… et en même temps les relativiser – tout passe. Alors, qui sait? 😉

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      Béné

      19 août 2015

      Je suis allée lire ton dernier article justement, félicitations 🙂
      Mais rien que de lire ça, et d’y repenser à ces 3 fichus mois, j’ai déjà une boule au ventre ! J’ai vraiment bien trop d’angoisses pour retenter l’aventure. Alors oui, j’y pense hein, je ne le cache pas, mais non, pas possible.

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        amotherinthecity

        21 août 2015

        En tout cas, ne te stresse pas, tu as encore aaaaaaamplement le temps de voir les choses autrement (ou pas!) 🙂

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