Quand j’étais plus jeune, je voulais 2 enfants. Une fille et un garçon. J’ai deux frères et une sœur, nous sommes très soudés, il ne pouvait donc pas en être autrement, dans ma tête, j’aurais plusieurs enfants. Puis, j’ai rencontré Le Mari. Très vite, on a parlé bébé, sauf que lui n’en voulait qu’un (ou limite pas du tout). Bon bah, on verra. 5 ans après, on se lance enfin, et les petits traits bleus (ou rose, comme tu veux) ne se sont pas fait attendre très longtemps.

J’ai eu une grossesse de rêve (même si je ne pouvais plus manger de sushis, ni m’enquiller du saucisson tranquillou). Pas de nausées et autres joyeusetés de femme enceinte. J’ai adoré cette période, et je regarde encore les femmes enceintes avec une certaine nostalgie. Puis, notre Little A. d’amour est arrivée. Un accouchement aussi sans histoire, hormis l’atelier couture qui a suivi. Les premières semaines – les 3 premiers mois à vrai dire – notre Little A. pleurait beaucoup, sans pour autant avoir de soucis particuliers. Et plus elle pleurait, plus je pleurais aussi. J’étais à bout de nerfs toute la journée, jamais vraiment reposée. C’était une boucle sans fin au final. Tu rajoutes à ça que j’étais assez isolée, et c’était la cata. Je ne me reconnaissais plus, je pensais à des choses que je n’avouerais jamais (pas jusqu’à faire partie des faits divers hein). J’ai demandé de l’aide à des professionnels de santé, qui m’ont répondu « oh, bah vous nous faites une petite dépression post-partum, c’est courant ! » et basta, rentre chez toi.

Et puis, je ne sais pas trop comment, mais cette période bien pourrie est passée. Nous avons réussi à nous trouver toutes les deux peut-être, à trouver notre équilibre. Ce fût interminable, et encore aujourd’hui, il m’arrive de manquer de patience (puis je m’énerve après contre moi-même de m’être trop vite emportée, encore une histoire de boucle quoi…). Et pourtant, ce n’était que 3 mois, pas grand chose dans une vie, mais trop pour moi. Mon mari et ma fille ont trop pâti de mon état à ce moment-là, c’est une page qui est derrière nous et que je veux tourner définitivement.

Je révise donc ma copie, et me dit que finalement, notre Little A. sera notre unique enfant. Je m’en veux encore tellement de ne pas avoir su être à la hauteur. Alors vous pouvez me dire « oui, mais maintenant que tu sais ce que c’est, ça se passera mieux !« . Peut-être, mais si je sombre à nouveau ? Ce n’est pas un défi que j’ai envie de relever, ni même que je peux relever. De plus, j’aurai trop l’impression de faire un 2ème pour tenter de réparer mes erreurs, ce qui est une très mauvaise raison.

Alors, je t’admire, toi maman multipare (ma soeur en première avec 3 bébés en 4 ans), je t’envie aussi un peu, je ne le cache pas. Mais voilà, les bébés, c’est fini pour moi.